Assis dans un fauteuil en rotin comme dans un nid d’oiseau, l’artiste est dans une posture de penseur et scrute l’horizon pour voir quelle direction prendre. D’ailleurs, il explique à travers l’iconographie et le symbole, une musique nouvelle faite d’innovation et de créativité. En atteste la touche du Guinéen Fodé Baro, le style Cabo love qui, panaché au Mbalakh, offre un cocktail symphonique recherché.
Passant en revue les différents morceaux de son album, il affirme que Domou ndar (le natif de Saint-Louis du Sénégal (Ndar, en Wolof)est un sentiment tellurique d’attachement à la terre de Saint Louis. Porte d’entrée de l’islam et de la civilisation occidentale, la vielle vile est un réceptacle de culture homogène qui se féconde, qui s’influence et qui s’harmonise. Ce titre est dédié à tous les fils de Saint-Louis qui ont porté haut le flambeau de la ville dans les différents secteurs de leurs activités politiques, sportives, culturelles, etc. Mais Ndar, c’est aussi le mythe avec l’évocation des génies des eaux dont Mame Coumba Banc.
Sossal (signifie, médisance, en wolof) est un appel aux changements des comportements et à une invite au travail. « La calomnie, la médisance, doivent cesser et permettre l’éclosion de la paix » selon Abdou Guité Seck. Sossal, c’est une gestion de la parole, du discours, du dire, du verbe. Parler, c’est gérer un silence.
Dans foogoon naani (je pensais que…) notre conscience se dédouble. La confiance placée en la femme aimée est trahie. Le texte rend hommage à la femme d’abnégation, de cœur et de compréhension. Amour et trahison rythment le morceau avant qu’ils ne se transforment en confession. Dou leebi neen qui est à la fois titre de l’album et morceau investit le champ de la littérature africaine. Le titre éponyme dont la direction musicale est assurée par Philip Monteiro, marque également son ouverture au monde moderne. Dans ce titre, Abdou Guité Seck chante avec la diva Khar Mbaye Madiaga qui lui rappelle Diabou Seck dite « la Saint-Louisienne », sa sœur décédée.
Penda rend Hommage à la gent féminine. La femme source de vie et d’espoir, la femme mère, sœur, épouse. Ce morceau est une illustration de la bonne épouse, et comme le dit de l’adage « liguéyou ndey agnoup dom » le travail de la mère sert de déjeuner à l’enfant, en traduction littérale.
Langaa bouri ( est un jeu) est un hymne à l’amitié, aux amis d’hier qui continuent toujours à raviver la flamme de l’excellence. C’est aussi la joie retrouvée surtout dans l’évocation du jeu.
Yeene est un Mea culpa et appel du Cœur de l’artiste à L’aube de sa carrière. Ce dernier sollicite attention et compréhension. « À la croisée des chemins, choisir sa voie sans heurter les consciences, mais sans être victime Dur, Dur, d’être célèbre » dixit le lead vocal du groupe Evolution.
Cet album qui a été enregistré à Paris a coûté à l’artiste 15 millions de nos francs.
Francesca MBAYE - SUD QUOTIDIEN - 05/12/2008